De nombreuses situations peuvent mener à un état de choc émotionnel entrainant l'apparition de symptômes importants chez les personnes concernées. Les réactions émotionnelles seront différentes en fonction de la perception que la personne se fait de l'événement, de son intensité et de bien d'autres facteurs. C'est-à-dire que face à un événement similaire, la perception de la situation peut être vécue de manière différente avec des réactions propres à chacun.
Reconnaître un état de choc émotionnel
Avant d'agir, il est utile de savoir identifier les signes d'un choc émotionnel. La personne peut présenter des tremblements, des pleurs incontrôlables, un mutisme, une agitation désorganisée, un regard dans le vide ou encore une hyperventilation. Ces réactions sont des réponses normales du système nerveux face à un événement dépassant les capacités d'adaptation de la personne (Crocq, 2012).
Comment aider concrètement ?
1) Sécuriser la personne
Sécuriser la personne, proposez lui de se retirer du lieu de l'incident critique, éviter de la laisser seule et prévenez immédiatement les services de secours. Rester physiquement présent et calme contribue à stabiliser le système nerveux de la personne en état de choc (De Soir, E.).
2) Évaluer l'état général et normaliser les réactions
S'informer auprès de la personne au sujet de son état général, écouter ses plaintes et les normaliser : « c'est normal… » plutôt que de les banaliser : « ce n'est rien ». Nommer les réactions comme normales réduit le sentiment d'incompréhension et d'isolement, qui peuvent aggraver la détresse initiale (De Soir, E.).
3) Écouter sans forcer
Laisser la possibilité à la personne de s'exprimer au sujet de la situation vécue sans émettre de jugement. Il est important que la personne puisse se sentir comprise et soutenue. Si la personne refuse de parler, respecter son choix. Il est contre-productif de forcer une personne traumatisée à parler, cela ne lui permettra pas de se sentir mieux. Forcer la verbalisation peut maintenir le système nerveux en état d'activation et augmenter le risque de retraumatisation (Josse, 2019).
4) Mobiliser le réseau de soutien
Demander à la personne de prévenir un proche elle-même ou de le faire pour elle si ce n'est pas possible. S'assurer que la personne a du soutien autour d'elle et si besoin, se rendre disponible. L'entourage joue un rôle protecteur significatif dans la période qui suit immédiatement un événement traumatisant (Crocq, 2012).
5) Orienter vers un professionnel si nécessaire
Dans le cas où l'état de la personne se prolonge, contacter un service de santé médico-psychologique. En règle générale, si les réactions persistent au-delà de quelques jours ou s'intensifient, une consultation rapide est recommandée. Une prise en charge précoce permet de prévenir l'installation d'un syndrome post-traumatique (APA, 2013).
Ce qu'il ne faut pas faire
Certaines réactions, bien qu'intentionnées, peuvent aggraver l'état de la personne :
- Minimiser : éviter les formules comme « c'est rien », « tu t'en remettras », « d'autres ont vécu pire ».
- Forcer la personne à raconter les détails de l'événement.
- Laisser la personne seule dans les premières heures suivant l'événement.
- Banaliser les réactions physiques comme les tremblements ou l'hyperventilation.
- Interpréter le silence ou le mutisme comme de l'indifférence ou un manque de réaction.
Références
American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (5e éd.). American Psychiatric Press.
Crocq, L. (2012). 16 leçons sur le trauma (1re éd.). Odile Jacob.
De Soir, E. Manuel pour le travail traumatique après incidents critiques.
Josse, E. (2019). Le traumatisme psychique chez l'adulte.
Magazine Neurone, vol. 27, n°3, avril 2022.