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    Les catégories de traumatismes psychiques : type I, II, complexe et indirect

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  • Les catégories de traumatismes psychiques : type I, II, complexe et indirect
  • 30 décembre 2023 par
    Gautier Delvaux


    Tous les traumatismes psychiques ne se ressemblent pas. Leur nature, leur durée, leur caractère unique ou répétitif, ainsi que la position de la victime face à l’événement, influencent considérablement l’expression clinique des symptômes et les modalités de prise en charge. Plusieurs auteurs ont proposé des typologies pour rendre compte de cette diversité. Cet article en présente les principales.

    Traumatismes individuels et traumatismes collectifs

    La littérature spécialisée identifie deux grandes catégories de traumatismes psychiques. Tout d’abord, il y a les traumatismes individuels, qui englobent des événements tels que les accidents, les agressions physiques et psychologiques, ainsi que les menaces personnelles. Ensuite, on trouve les traumatismes collectifs, qui comprennent les mêmes types d’événements, mais à une échelle collective, qu’ils soient d’origine naturelle ou humaine, impliquant une intention de transgression.

    Trauma de type I et type II selon Terr

    La psychiatre américaine Lenore Terr (1991) a proposé la première grande distinction typologique en différenciant deux formes principales de traumatismes.

    Le traumatisme de type I correspond à un événement traumatique unique, circonscrit dans le temps, avec un début et une fin clairement identifiables — agression, accident, viol, catastrophe ponctuelle. Bien qu’unique, un traumatisme de type I peut avoir des conséquences à long terme.

    Le traumatisme de type II se caractérise par la répétition continue ou prolongée d’événements potentiellement traumatiques, comme les violences intrafamiliales chroniques, les conflits armés ou les contextes d’abus prolongés. Chaque traumatisme commence comme un type I, mais avec le temps, il peut évoluer vers un type II, révélant des mécanismes d’adaptation plus pathologiques.

    Les types III et IV selon Salomon & Heinde

    Salomon & Heinde ajoutent deux autres catégories pour rendre compte de situations particulièrement extrêmes ou prolongées.

    Le traumatisme de type III résulte d’événements multiples et violents se déroulant sur une période relativement longue, comme les camps de concentration ou l’exploitation sexuelle forcée.

    Le traumatisme de type IV concerne les traumatismes se produisant dans le présent, tels que les prises d’otage ou les pandémies.

    Trauma simple et trauma complexe selon Herman

    Judith Herman (1992) a introduit une distinction devenue centrale dans la clinique du psychotrauma.

    Le traumatisme simple correspond aux caractéristiques du traumatisme de type I de Terr, c’est-à-dire un acte violent unique dans le temps.

    Le traumatisme complexe regroupe les types II et III, résultant d’une victimisation chronique due à la répétition d’événements traumatiques et de violence dans le temps. Dans ce cas, la personne n’a pas la possibilité d’échapper à la situation et subit des violences physiques et psychologiques de manière répétée.

    Le TSPT complexe officialisé dans la CIM-11

    Le concept de trauma complexe a été officialisé en 2018 par l’Organisation mondiale de la santé dans la CIM-11, qui reconnaît désormais le trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT-C) comme une entité diagnostique distincte du TSPT classique.

    Au-delà des symptômes classiques (reviviscences, évitement, hyperactivation neurovégétative), le TSPT-C se caractérise par trois domaines de perturbations supplémentaires : des difficultés de régulation émotionnelle, une altération du concept de soi (sentiment de honte, culpabilité, dévalorisation persistante), et des difficultés relationnelles durables (Maercker et al., 2022).

    Cette reconnaissance officielle a des implications cliniques majeures : elle légitime des présentations cliniques qui étaient auparavant mal catégorisées et oriente vers des approches thérapeutiques spécifiques.

    Trauma direct et trauma indirect

    Les traumatismes peuvent également être distingués en fonction de l’implication directe ou indirecte du sujet face à un événement traumatique.

    Les traumatismes directs concernent la confrontation avec la violence de l’événement qui menace immédiatement l’intégrité physique et psychologique, provoquant la peur et l’effroi. Ces traumatismes peuvent également affecter les témoins présents, qui se retrouvent parfois dans une situation de culpabilité post-traumatique pour n’avoir pas pu intervenir.

    Les traumatismes indirects se manifestent par des difficultés psychologiques transmises par l’environnement de la personne, notamment par le biais de relations avec des proches en difficulté ou par une exposition répétée à des récits traumatiques (contexte professionnel pour les soignants, premiers intervenants, magistrats ou travailleurs humanitaires).

    Implications cliniques

    Cette typologie n’est pas qu’académique. Elle oriente la stratégie thérapeutique : un trauma simple de type I répond généralement bien à des protocoles relativement courts en thérapie EMDR, tandis qu’un trauma complexe nécessite une approche en plusieurs phases incluant la stabilisation émotionnelle et le travail sur l’identité avant la désensibilisation des souvenirs (van der Hart et al., 2006).

    Quand consulter ?

    Si vous avez vécu un événement potentiellement traumatique et que vous ressentez des symptômes persistants au-delà de quelques jours, il est vivement recommandé de consulter rapidement un professionnel de la santé. En effet, des spécialistes peuvent mettre en œuvre des techniques de régulation émotionnelle et des protocoles spécifiques pour traiter les traumatismes récents, notamment à travers la psychothérapie EMDR. Cette approche a démontré son efficacité pour atténuer les symptômes et favoriser le processus de guérison. Ne sous-estimez pas l’importance de demander de l’aide et de prendre en charge votre santé dès que possible.

    Pour aller plus loin, vous pouvez consulter nos articles sur les réactions post-traumatiques immédiates et différées et sur les symptômes de l’état de stress post-traumatique.

    Références

    Herman, J. L. (1992). Trauma and Recovery. Basic Books.

    Josse, E. (2007). Le traumatisme psychique : Quelques repères notionnels. Journal International de Victimologie, Tome 5, n°3.

    Josse, E. (2019). Le traumatisme psychique chez l’adulte.

    Maercker, A. et al. (2022). Complex post-traumatic stress disorder. The Lancet, 400(10345), 60–72.

    Organisation mondiale de la Santé. (2018). CIM-11 : Classification internationale des maladies, 11e révision.

    Terr, L. C. (1991). Childhood traumas: An outline and overview. American Journal of Psychiatry, 148(1), 10–20.

    van der Hart, O., Nijenhuis, E., Steele, K. (2006). The Haunted Self: Structural Dissociation and the Treatment of Chronic Traumatization. Norton.

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    # Définition EMDR Traumatismes psychiques les catégories de traumatismes
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